Vous avez sûrement entendu parler du Dansoir de Karine Saporta, mais connaissez-vous Oxana Chi ? C'est avec un très grand plaisir que je vous présente cette danseuse-chorégraphe, artiste allemande d’origine nigérianne. Autant plus qu'elle est une amie de longue date; je la connais depuis 1999 quand nous faisions partie d'une colocation commune à la Porte de Clignancourt. A cette époque l'art de la danse ne m'intéressait pas plus que ça, mais j'étais impressionné par les exercices et entraînements auxquels Oxana s'appliquait dans le salon et, par beau temps, dans la cour de l'immeuble.

Maintenant installée à Berlin elle revient pour une tournée à Paris. Je lui ai posé quelques question sur son spectacle du 19 novembre 2011 au Dansoir de Karine Saporta.

OD : Après de beaux succès en Allemagne et en Indonésie (Festival SIPA, 5000 personnes), tu es invitée à présenter ton spectacle « A Travers les Jardins », un mélange de styles occidentaux et orientaux à Paris. Peux-tu nous en dire plus sur ce spectacle de danse contemporaine en 4 actes ?

Oxana Chi : Perpétuant le souvenir de la danseuse Tatjana Barbakoff, je retrace sa vie et son œuvre sur scène en mariant danse et arts martiaux. J’alterne par exemple des mouvements de taichi, figures de combat et sauts, pour évoquer sa tragique lutte pour la vie mais j’illustre aussi sa fragilité et sa grâce par de délicates figures de ballets et de danses asiatiques. Je suis accompagnée sur scène du musicien-compositeur hongrois Laszlo Moldvai qui interprète ses propres compositions au piano et au hang. Notre collaboration artistique a toujours été perçue comme très complice. La danse et la musique se nourrissent mutuellement. Quatre actes : naissance, fêtes, combat et nouvelle lune rythment le spectacle.

OD : Le spectacle est intitulé "A Travers les Jardins". C'est un femmage à Tatjana Barbakoff. Qui était-elle ?

Oxana Chi : Tatjana Barbakoff était une danseuse chinoise-juive-lettonne (1899 Liepaja – Auschwitz 1944), tête d’affiche adorée du public européen dans les années 20 et 30 pour ses danses d’inspiration russe et chinoise et sa créativité charismatique. De nos jours seuls les tableaux et photographies exposés dans les musées permettent encore d’admirer la danseuse désormais tombée dans l’oubli. Sa danse s’est incorporée aux beaux-arts. Parmi les innombrables succès des cinquante spectacles qu’elle a chorégraphiés et dansés, sa danse favorite demeura « A travers les jardins », sa création chinoise représentée le plus fréquemment, qu’elle présenta à la salle Pleyel dès son arrivée à Paris en 1933. Et « femmage »… signifie « hommage » au féminin ;)

OD : Tu as vécu, étudié et travaillé dans 25 pays d’Europe, Asie, Pacifique… Un parcours surprenant ?

Oxana Chi : Aimant la pluridisciplinarité, je suis danseuse, chorégraphe et cinéaste. Je suis à l’origine de festivals dont les Salon Qi, et la TANZnews Berlin, une manifestation mensuelle consacrée à la danse. Née à Francfort d’une mère allemande et d’un père nigérian, j’ai très vite souhaité enrichir mes études de ballet par des formations diverses, m’intéressant également au yoga, taichi et kungfu. Lors des trois ans que j’ai vécus à Paris j’étais en résidence au Centre national de la Danse et à la Cité des Arts à Paris. J’ai aussi suivi des formations au Merce Cunningham Studio et Bill T. Jones (Paris/New York), Académie des Arts (Solo, Java, Indonésie), Sydney Dance Company.

OD : Et cette fois-ci, le Salon Qi à Paris ?

Oxana Chi : Oui, c’est une première, j’en suis ravie. J’adore découvrir de nouveaux publics. A bientôt au Dansoir ! Téléchargez le programme détaillé sur mon site www.oxanachi.de et réservez vos places sur le site du Dansoir !


Crédits Photos : Layla Zami