Vous avez sûrement entendu parler du Dansoir de Karine Saporta, mais connaissez-vous Oxana Chi ? C'est avec un très grand plaisir que je vous présente cette danseuse-chorégraphe, artiste allemande d’origine nigérianne. Autant plus qu'elle est une amie de longue date; je la connais depuis 1999 quand nous faisions partie d'une colocation commune à la Porte de Clignancourt. A cette époque l'art de la danse ne m'intéressait pas plus que ça, mais j'étais impressionné par les exercices et entraînements auxquels Oxana s'appliquait dans le salon et, par beau temps, dans la cour de l'immeuble.
Maintenant installée à Berlin elle revient pour une tournée à Paris. Je lui ai posé quelques question sur son spectacle du 19 novembre 2011 au Dansoir de Karine Saporta.
OD : Après de beaux succès en Allemagne et en Indonésie (Festival SIPA, 5000 personnes), tu es invitée à présenter ton spectacle « A Travers les Jardins », un mélange de styles occidentaux et orientaux à Paris. Peux-tu nous en dire plus sur ce spectacle de danse contemporaine en 4 actes ?
Oxana Chi : Perpétuant le souvenir de la danseuse Tatjana Barbakoff, je retrace sa vie et son œuvre sur scène en mariant danse et arts martiaux. J’alterne par exemple des mouvements de taichi, figures de combat et sauts, pour évoquer sa tragique lutte pour la vie mais j’illustre aussi sa fragilité et sa grâce par de délicates figures de ballets et de danses asiatiques. Je suis accompagnée sur scène du musicien-compositeur hongrois Laszlo Moldvai qui interprète ses propres compositions au piano et au hang. Notre collaboration artistique a toujours été perçue comme très complice. La danse et la musique se nourrissent mutuellement. Quatre actes : naissance, fêtes, combat et nouvelle lune rythment le spectacle.
OD : Le spectacle est intitulé "A Travers les Jardins". C'est un femmage à Tatjana Barbakoff. Qui était-elle ?
Oxana Chi : Tatjana Barbakoff était une danseuse chinoise-juive-lettonne (1899 Liepaja – Auschwitz 1944), tête d’affiche adorée du public européen dans les années 20 et 30 pour ses danses d’inspiration russe et chinoise et sa créativité charismatique. De nos jours seuls les tableaux et photographies exposés dans les musées permettent encore d’admirer la danseuse désormais tombée dans l’oubli. Sa danse s’est incorporée aux beaux-arts. Parmi les innombrables succès des cinquante spectacles qu’elle a chorégraphiés et dansés, sa danse favorite demeura « A travers les jardins », sa création chinoise représentée le plus fréquemment, qu’elle présenta à la salle Pleyel dès son arrivée à Paris en 1933. Et « femmage »… signifie « hommage » au féminin ;)
OD : Tu as vécu, étudié et travaillé dans 25 pays d’Europe, Asie, Pacifique… Un parcours surprenant ?
Oxana Chi : Aimant la pluridisciplinarité, je suis danseuse, chorégraphe et cinéaste. Je suis à l’origine de festivals dont les Salon Qi, et la TANZnews Berlin, une manifestation mensuelle consacrée à la danse. Née à Francfort d’une mère allemande et d’un père nigérian, j’ai très vite souhaité enrichir mes études de ballet par des formations diverses, m’intéressant également au yoga, taichi et kungfu. Lors des trois ans que j’ai vécus à Paris j’étais en résidence au Centre national de la Danse et à la Cité des Arts à Paris. J’ai aussi suivi des formations au Merce Cunningham Studio et Bill T. Jones (Paris/New York), Académie des Arts (Solo, Java, Indonésie), Sydney Dance Company.
OD : Et cette fois-ci, le Salon Qi à Paris ?
Oxana Chi : Oui, c’est une première, j’en suis ravie. J’adore découvrir de nouveaux publics. A bientôt au Dansoir ! Téléchargez le programme détaillé sur mon site www.oxanachi.de et réservez vos places sur le site du Dansoir !
Vous avez sûrement entendu parler de la Fédération de
Musiques, Danses et DJs (FMDDS), cette nouvelle association qui
organise de nombreux évènements musicaux. La Fmdds s’est lancée dans le milieu de la salsa, et entend
nous refaire vibrer pour les mois à venir ! J'ai eu le plaisir de danser avec Sarah Santos, la présidente de la FMDDS, puis de lui poser quelques questions sur les projets à
venir.
OD : Quelles sont les soirées et programmes réguliers que ton association propose actuellement
?
Sarah : Tous les lundis, c’est l’Afterwork Salsa Caraïbes au Viauc Café, à
deux pas de la Gare de Lyon. Ca commence tôt, à 19h30, avec des initiations à
certaines danses chaudes et ensoleillées (Bachata – Kuduro – Kizomba). Puis à
20h30, c’est cours de salsa cubaine (un groupe débutant et un groupe
intermédiaire). Tous les cours des lundis sont donnés par Espérance. Puis dès 22h, la soirée se poursuit ! Ce qui est bien
c’est que le Viaduc est un restaurant et que l’on peut s’y restaurer avec goût.
Les mercredis, c’est l’Afterwork des Îles, à l’Artscenik Café (M° Blanche). Le programme : idem que les lundis. Mais on prévoit de le changer pour la rentrée, de mettre en
place quelque chose de plus dominicain (Bachata – Raggaeton etc)… car nous
allons lancer une soirée en parallèle tous les mercredis dans un autre lieu
avec Espérance qui donnera probablement des cours de Salsa et de Kizomba. Mais
je n’en dis pas plus… ! Surprise !
Et puis évidemment nous sommes sur les Quais de Seine
plusieurs fois dans la semaine. Vous trouverez les infos au jour le jour sur
notre Facebook (La Fmdds).
OD : Et quels sont les autres projets ?
Sarah : Il y en a beaucoup ! Comme la 2ème soirée des
mercredis… Une autre soirée les mardis, et une autre les vendredis. Mais je n’en dirai pas plus ! La seule info que je peux divulguer c’est que nous lançons aussi dès le jeudi 8 septembre un Afterwork 100% CUBA, avec Cubana Danse,
au Deterw. C’est un nouveau lieu, très cosy, et très bien
aménagé ! Il y a 3 espaces distincts : une grande piste de danse, un
espace VIP, et un espace pouvant accueillir plus ou moins 100 personnes assises…
pour déguster les excellents cocktails que sert le barman, et qui seront pour
ces Afterworks des variantes de Mojito et de tous cocktails Cubains ! Ca
promet d’être chaud les jeudis dès la rentrée ;)
OD : Est-il difficile conquérir une clientèle à Paris, où il y a tellement
de sorties possibles et où certains événements salsa sont déjà bien installés
depuis des années ?
Sarah : Oui, en effet, ce n’est pas évident car comme tu dis les danseurs ont
pris des habitudes dans d’autres soirées et ne connaissent pas encore la FMDDS.
Mais nous avons démarré il y a peu de temps et nos premières soirées attirent
déjà du monde. Le secret est dans l’équipe et dans l’ambiance ! ;)
Et puis, il faut toujours un certain pour que ça démarre et
que le bouche à oreille fonctionne.
OD : Un mot de la fin ?
Sarah : Plein de soirées en prévision pour tout l’été, puis l’hiver, puis l’été
prochain, etc. ! Consultez l’agenda Dansemania et notre site, www.nolimitevents.fr ;)
Espérance Ntadi en plein échauffement salsa au Viaduc Café
Cet été je sors un peu du domaine des aficionados de la salsa pour parler un peu de danse contemporaine. Voici un entretien avec Marine Magnin, administratrice de la compagnie de danse Le Marchepied, un structure qui devrait intéresser les jeunes danseurs qui se dirigent vers une carrière professionnelle.
OD : Le MARCHEPIED, basé à Lausanne, recrute de nouveaux danseurs, qu’êtes-vous exactement, une jeune compagnie, une formation ?
Marine : Eh bien nous sommes à la fois compagnie et une formation en danse contemporaine, c’est notre particularité. Ou, plus précisément, nous pourrions dire que nous sommes une « compagnie qui forme ». C’est-à-dire que le jeune danseur qui entre au MARCHEPIED intègre une structure qui fonctionne comme une compagnie professionnelle avec des intervenants professionnels (éclairagiste, costumières, chorégraphes, administratrice, etc), une reprise de rôle chaque année, la participation à une ou deux créations dirigées par Corinne Rochet et Nicholas Pettit, chorégraphes de la Cie Utilité Publique, et d’autres chorégraphes invités, et une tournée d’environ 15 dates en Suisse et à l’étranger.
En fait, Corinne Rochet et Nicholas Pettit, chorégraphes et pédagogues, ont fondé en 2001 Le MARCHEPIED, avec l’objectif de promouvoir de jeunes danseurs et danseuses désireux de faire de la danse contemporaine leur métier par le biais de la création chorégraphique. Le MARCHEPIED, fonctionnant sous le mode de collectif, induit de fait une démarche chorégraphique spécifique. Chaque danseur et danseuse participe aux différents axes que constituent la mise en place d'une création chorégraphique: recherche thématique, écriture chorégraphique, recherche musicale, conceptualisation lumière, recherche des costumes, création d'un flyer et d’une affiche...
Aujourd’hui, Le MARCHEPIED vient d’acquérir un lieu et en profite pour se développer en proposant une formation à plein temps, de 30h par semaine. L’objectif premier est d’insérer les danseurs en fin de formation vers la vie professionnelle en les confrontant aux exigences des compagnies.
OD : Outre le fait d’être à la fois une compagnie et une formation, quelles sont les particularités du programme que vous proposez aux jeunes danseurs ?
Marine : Notre spécificité est d’être un espace d’insertion professionnelle. En parallèle au travail de compagnie, nous souhaitons proposer un cursus axé sur l’acquisition des compétences attendues chez un danseur de la part des compagnies professionnelles et d’apporter les outils nécessaires aux danseurs au sortir de formation pour rentrer dans le métier. A côté des cours de perfectionnement technique et du travail de compagnie, nous offrons des cours théoriques qui se révèlent être de vrais soutiens dans la vie quotidienne du danseur : nutrition, massage, premiers soins, utilisation des technologies numériques, etc. Et bien sûr, des rencontres et travaux avec des chorégraphes, des danseurs, des préparations aux auditions, développement d’un travail personnel, etc.
OD : Si je comprends bien, vous êtes un tremplin vers la professionnalisation pour de jeunes danseurs en fin de formation qui souhaitent rejoindre des compagnies professionnelles. Concrètement, par quoi cela passe-t-il ?
Marine : Ca passe par un cursus d’un an qui répond aux questions que peuvent se poser les jeunes danseurs en fin de formation : comment se démarquer lors d’une audition ? Comment rencontrer les professionnelles ? Comment s’impliquer dans un processus de création ?
A titre d’exemple, voici un aperçu du programme de la saison 2011-2012 : Cours classique, contemporain, contact-improvisation, méthode gaga disciplines complémentaires nutrition, premiers soins, massage masterclasses avec Jean-François Duroure et Yuval Pick cours d'interprétation et construction d'une scène de théâtre avec le metteur en scène Philippe Soltermann théorie Histoire de l'Art contemporain, insertion à la vie professionnelle, apprentissage et utilisation des outils numériques et technologiques chorégraphe invité Marco Cantalupo - Cie Linga 2 créations avec Prisca Harsch - Cie Quivala, et avec Corinne Rochet et Nicholas Pettit - Cie Utilité Publique projet personnel rencontres/discussions avec des chorégraphes de renommée itnermationale tournée de 15 dates en Suisse et à l'étranger.
OD : Est-il encore temps de candidater pour rejoindre cette « compagnie forme » ?
Marine : Oui, tout à fait ! Une audition a déjà eu lieu en juin dernier, mais il nous reste places pour la saison 2011-2012, aussi nous reconduisons une audition le 10 septembre prochain à Lausanne. En effet, pour atteindre les objectifs d’une compagnie amenant les jeunes danseurs vers la vie professionnelle, Corinne Rochet et Nicholas pettit ont fait une sélection TRES stricte lors de la première audition. Ils ne voulaient pas faire de compromis. De ce fait, il reste encore quelques places pour les danseurs souhaitant intégrer notre formation sur la saison 2011/2012 débutant le 3 octobre 2011. On peut trouver toutes les infos sur cette audition à www.marchepied.ch ou vous pouvez aussi nous appeler et nous serons ravis de vous renseigner !
OD : Merci, Marine, pour cet entretien. Je ne manquerai pas voir votre spectacle si j'ai l'occasion !
L'association DANS LES COULEURS DU TEMPS organise pour la deuxième année
LE TELETHON DE LA DANSE : 24h de danse de tous genre (3 et 4 décembre 2011)
NOUS CHERCHONS....
...des participants (associations, clubs sportifs, écoles de danse, etc). : Si vous connaissez des associations,
écoles de danse, clubs sportifs pour pourraient être interessés pour
participer bénévolement à cet évènement national, mettez les en contact
avec nous. Nous sommes ouverts à toutes propositions : initiations, shows, animations, etc. Cette bonne action peut leur faire de la pub!
...des idées d'animations permettant de récolter des fonds (taxi dancers, maquillage pour enfants, etc). Si vous avez des idées d'ateliers ou d'animations à proposer pour récolter des fonds, on attend vos propositions.
Notez d'ores et déjà les dates dans votre agenda
(samedi 3 décembre 12h à dimanche 4 décembre 21h), on aura besoin de
tout le monde pour encore une fois réussir le pari de danser sans
discontinu pendant 24h.
Sève : J'ai commencé la danse très tôt, comme beaucoup de jeunes filles, par la danse classique, puis Modern Jazz. Mes parents étant des passionnés de musiques caribéennes et latines, j'ai baignée dès mon enfance dans ces influences musicales, j'ai dansé avec mon père la salsa et le cha-cha-cha, sans aucune technique, pour le pur plaisir. Plus tard j'ai poursuivi des études jusqu'au DEA de sociologie, tout en assurant des contrats de danse, principalement jazz, pour subvenir à mes besoins financiers d'étudiante. Lors d'un séjour aux Etats-Unis, j'ai pu me rendre compte que la salsa pouvait être très technique et qu'il y avait un mélange de danse jazz et africaine qui me faisait vibrer. Quand je suis revenue sur Paris, j'ai fait la connaissance de Clifford Jasmin et Valérie Mitchelson qui m'ont demandé d'intégrer l'équipe de Salsabor, d'abord comme danseuse, puis aussi comme professeur. En 2006 j'ai fondé l'association Latin Dance Fuzion qui organise des cours, des stages, des spectacles, des soirées et des séjours.
OD : Des séjours à Cuba comme tout le monde?
Sève : Eh bien, non! Vu ma formation en salsa portoricaine nos voyages sont en destination de Porto Rico où a lieu tous les ans le grand Puerto Rico Salsa Congress sur lequel on cale nos dates depuis 1999. En fait, Porto Rico fait partie des Etats-Unis, c'est donc une ambiance complètement différente de Cuba. Mais ces deux îles restent des lieux de pèlerinage pour un passionné de salsa. Pendant le congrès à Porto Rico on peut voir des gens de 7 à 77 ans danser. Il y a des spectacles exécutés par des enfants de dix ans avec une technique irréprochable.
OD : La porto telle que l'on l'enseigne ici se danse sur une"ligne" contrairement au "cercle" attribué à la salsa cubaine; en plus elle peut sembler plus "technique" que la cubaine. Mais à Porto Rico est-ce qu'on danse vraiment la salsa "portoricaine" comme ça?
Sève : Comme à Cuba, on trouve des danseurs populaires dansant la salsa sans être trop technique. En revanche, ce sont des danseurs qui dégagent de véritables émotions car ils dansent avec le cœur et avec toutes leurs traditions, cultures. Puis il ya la salsa plus académique apprise dans les écoles de Porto Rico. On assiste à de véritable prouesse technique et artistique laquelle est présente dans plusieurs coins du globe.
OD : J'ai suivi tes cours de shines au Studio Massaro et j'ai beaucoup apprécié ta pédagogie car tu t'adaptes bien aux niveau des participants, tu consacres assez de temps à le répétition des détails. Quelle est ta vision de la pédagogie de la salsa?
Sève : On pourrait en parler pendant des heures! Je pense que le professeur, comme dans toutes disciplines, doit être passionné, généreux et naturel. Le naturel s'obtient grâce à la maîtrise de la technique, à l’expérience. J’ai toujours aimé transmettre et essayer de trouver tous les gestes, paroles afin de faire évoluer les participants tout en tenant compte de leur personnalité. Puis, au fur et à mesure des années, la quantité de cours donnés et les nombreuses scènes internationales m’ont donné encore plus de savoir faire.
OD : Où donnes-tu tes cours?
Sève : Je donne des cours au Studio Massaro et dans les soirées que j'organise avec Gaby, le fameux DJ parisien qu'on pourrait appeler le doyen de la salsa portoricaine à Paris. On a une soirée hebdomadaire, le dimanche au club O'Sullivans, et une fois par mois nous proposons des soirées événementielles dans les beaux endroits de la Capitale.
Depuis peu, O’Sullivans nous permet de mettre en place des concerts salsa une fois par mois, les mercredis ou les dimanches.
Sève & Jerry — ChaCha Dancing Woman
De façon très ponctuelle, mon partenaire Jerry Cothias et moi parcourons la France et l’étranger afin de transmettre notre passion en enseignant et en dansant. Nous avons plusieurs chorégraphies à notre actif. Les derniers mois, je suis allée à Cannes, Nancy, Strasbourg, Dijon, Belgique, Le Mans.
J’ai aussi créé une compagnie de danse les fuzionneurs. Nous pouvons nous produire sur scène entre un à trois couples de danseurs. Nous travaillons avec quelques agences événementielles, des musiciens et des particuliers pour soirées privées. J’aime chorégraphier pour un groupe. La plupart des danseurs du groupe sont professionnels et donnent aussi des cours de danses.
OD : Merci, Sève, pour cet entretien. Pour finir, quelle était l'anecdote la plus bizarre que tu as vécue avec la salsa?
Sève : Plusieurs me viennent à l’esprit. A l’époque, je travaillais en tant qu’Assistante de Direction dans une petite entreprise. Je cachais ma seconde profession à tous mes collègues. Une fois, j’avais dansé dans une commune non loin. Mon partenaire et moi apparaissions en poster au milieu du journal mensuel de la ville. Je n’étais bien sûr pas au courant que cette somptueuse photo jusqu’au jour où l’un des collègues me montre le journal avec une grand sourire en me disant que ce dernier avait déjà passé dans les mains de tout le service. Le lendemain, mon directeur général, à ma grande surprise a trouvé ma passion bien sympathique!!
Hamidine : C’est tout simple : après les examens de fin d’année
Leye, un copain d’études à la fac de sciences éco à Nanterre, m’a amené un soir
au Montechristo. C’était en 1997, les débuts de la salsa parisienne. J’y ai vu
danser Roberto El Cubano, Willy la Vipère et Agnès de Salsabor. Toute de suite
c’était un coup de foudre pour cette danse, j’ai passé tout l’été à
danser!
OD: Et tu as réussi tes examens ou tu es passé au
rattrapage ?
Hamidine : Evidemment j’ai réussi ;-)Mais la salsa a pris de plus en plus de place dans ma vie. Deux
ans plus tard, après ma maîtrise, je pouvais déjà vivre un peu des cours de
salsa. Pendant ma licence j’animais des soirées au Balajo, à la Casa 128 et
l’Escurial. Il faut se rappeler qu’à l’époque il n’y avait pas encore beaucoup
d’endroits où on accueillait les danseurs salsa, et très vite la demande était
plus grande que l’offre : quelques fois, il fallait faire une queue de
100m pour entrer à la Casa 128. Ca serait inimaginable aujourd’hui !
OD: As-tu commencé par la cubaine ou la portoricaine ?
Hamidine : La cubaine, comme tout le monde à cette époque ! La
porto est apparue à Paris seulement plus tard, avec Valérie Mitchelson et Clifford Jasmin de
Salsabor vers 1999. Je pratiquais uniquement la cubaine jusqu’en 2003. Après,
j’ai commencé à voyager, et en allant aux congrès à Murcia en Espagne, à
Zurich, à Los Angeles, je me suis rendu compte qu’à l’étranger on dansait plus
la porto que la cubaine. Ainsi c’est un peu par nécessité que je me suis mis à
danser la porto, car dans les congrès internationaux je ne trouvais personne
pour danser. Mais en réalité mon cœur bat toujours à 80% cubano !!
OD: Aujourd’hui, on ne te retrouve plus sur les pistes de danse
à Paris, tu t’es installé à Nice et tu es devenu l’incontournable maître
salsero de la Côte d’Azur… Pourquoi ce départ dans le sud?
Hamidine : Ca commençait en 2002; je donnais des week-end de stages une
fois par mois à Nice, puis je m’y suis plu, je suis même tombé amoureux d’une
personne et j’y suis resté. A cette époque la qualité et l’ambiance des soirées
salsa à Paris ne me plaisaient plus ; ce que j’ai connu au début, fin des
années ’90, la simplicité, la convivialité, le simple plaisir de danser la
salsa n’existaient plus dans la capitale. Il s’est installé une sorte de
compétition…
OD: … entre les amateurs ou entre les pros?
Hamidine : Il n’y avait pas tellement de structures pro à part Salsabor
et peut-être deux autres écoles. C’était une compétition entre une nouvelle
génération des danseurs qui voulaient progresser très vite. Tant mieux pour
eux ! Mais je considère que le plus important c’est le respect, et
celui-ci faisait défaut. Le simple plaisir de danser a cédé la place à une
sorte de compétition de technicité sur la piste ; par exemple, qui fait
plus de tours, qui connaît la passe la plus compliquée, etc.
A Nice, c’était différent, c’était encore un terrain vierge,
la salsa était encore à ses débuts, j’y ai retrouvé une ambiance plus
conviviale, plus simple. Dans mon premier cours au Mexican Café j’avais trois
élèves – un mois plus tard, ils étaient déjà quarante ! En 2003 on n’était
que quatre profs dans la région niçoise, il y avait une ou deux soirées par
semaine. Aujourd’hui, il y a plusieurs sorties par jour (voir le site
www.websalsazur.com).
OD: Quelle est ta pédagogie ?
Hamidine : D’abord, il faut savoir que je suis auto-didacte : je
n’ai pas pris de cours, mais j’ai beaucoup observé puis bataillé sur la piste
(rire). Dans un premier cours d’initiation j’essaie de faire en sorte que les
personnes accrochent avec la salsa : je m’y restreins à deux ou trois pas
de base et un petit enchaînement tout simple qui suffit à s’amuser en soirée.
Il faut qu’en repartant ils ne soient pas frustrés mais aient l’impression que
si on est motivé on peut apprendre très vite.
Le plus difficile pour les français c’est l’expression
corporelle ; ici à Nice nous avons beaucoup de touristes italiens et quand
je les regarde danser j’ai l’impression qu’ils ont plus de facilités avec leurs
corps. Je ne sais pas à quoi c’est lié, peut-être ont-ils plus de confiance en
eux…
Hamidine et sa troupe Salsa All Styles
OD: Donnes-tu des spectacles?
Hamidine : J’ai une troupe, Salsa All Styles, constituée de
quatre garçons et une fille. Comme le nom l’indique chacun a son style :
il y a un danseur de claquettes et de hip-hop, un de capoeira, un de reggaeton,
et la fille était membre de l’équipe de France d’acrogym. Nous mettons tout ça
dans une sauce salsa… Nous nous produisons dans plein d’endroits : Italie,
Los Angeles, Dubai...
OD: Carlos, l'année dernière dans le billet
tu nous as parlé de ton amour pour les danses traditionnelles de ton pays, Cuba.
Dans quelques semaines aura lieu le grand festival Caribedanza que tu organises
dans la banlieu parisienne, à Argenteuil. Depuis combien d'années existe ce
festival? Etait-il déjà dès ses débuts aussi grand et développé qu'il est
aujourd'hui?
Carlos : Le Festival
Caribedanza a été créé en 2006. Les stages
étaient déjà d'actualité, et pour la première édition, nous avons fait venir des
groupes représentatifs de la culture cubaine mais basés en France. L'intérêt du
public face à cet évènement nous a donné confiance, c'est pourquoi au fil des
éditions nous avons pu l'améliorer et faire venir des groupes de Cuba.
OD:Pourquoi "Caribedanza" et pas "Cubanadanza"?
Les festival englobe-t-il plus que les danses cubaines?
Carlos: A sa création, nous avions appelé le festival
Cubadanza. Depuis l’édition de 2009, nous avons décidé de changer le nom, et
l'avons appelé Caribedanza. Nous avons souhaité mettre en valeur les danses et
musiques de Cuba, mais également d’autres pays de la Caraïbe (comme la Bachata,
le Merengue, la Salsa de Porto Rico...).
OD:Quels styles de danse et quels professeurs
interviennent cette année?
Carlos :
Cette année, les cours se dérouleront dans trois salles. La salle Jean
Vilar est dédiée au Son Cubain, la Salsa Casino, la Rueda et le Reggaeton. La
salle Pierre Dux sera réservée aux danses afro cubaines (cycle Yoruba, Rumba, et
l’intégration de la Rumba dans la Salsa). La salle Marcel Cerdan sera dédiée aux personnes qui débutent dans
les danses afro caribéennes. (Salsa, Son, Bachata Kizomba...)
Les professeurs qui interviennent sont: Leonel Hernandez, Sandrine Plaa, Onilde Gomez Valon, Aniurka Balanzo et Antoine Joly, Yoannis Tamayo, Ivan
Martinez et Keny Rodriguez, Giorgio Rodriguez, Aliuska Barrientos, Yulaidis Villarreal, Carlos Rafael Gonzalez, Elena y Thierry d'Eleggua.
OD:Le festival s'adresse-t-il
seulement aux initiés ou est-ce aussi une bonne occasion de découvrir la
salsa?
Carlos : Que les personnes qui
n’ont jamais dansé ou pris de cours n’hésitent pas à venir, il y a des cours
adaptés pour eux. Le Festival est l'occasion idéale pour découvrir les origines
du phénomène mondialement reconnu : Salsa, avec ses influences africaines et
espagnoles. Il permet aussi de découvrir ou approfondir sa connaissance de la
diversité des styles.
OD: Peut-on progresser pendant un seul week-end de danse
intensive? Selon ton expérience, comment comparer quinze heures de stage sur
deux jours et trois heures par semaine reparti sur cinq
semaines?
Carlos : Le Festival permet aux
participants d'avoir un aperçu général de certaines danses qu'ils ne connaissent
pas. Pour celles qui sont connues, l'approche particulière de certains
professeurs présents peut ouvrir l'esprit, permettre d’impulser de nouvelles
passions. L'idéal pour progresser est de prendre des cours régulièrement et de
pratiquer.
OD:Chaque année tu fais venir des musiciens de
Cuba pour le concert de la soirée de clôture. Avec quel groupe est-ce que tu
nous surprends cette fois? Tu rencontres ces musiciens lors de tes séjours sur
l'île?
Carlos : Ce n'est pas moi
qui fait venir les musiciens. Notre association n'a pas encore les épaules assez
larges pour faire venir des groupes. Nous passons donc par Odduara. Cette
productrice fait venir au Festival un groupe qui est en tournée européenne
programmée. Ce groupe est normalement connu et apprécié du public
Français. Pour cette année, nous assisterons au concert de Girardo Piloto et Klimax groupe
extraordinaire avec plus de 15 ans d’expérience... De la très bonne musique
cubaine!
OD: Merci, Carlos, pour cet entretien et
pour partager ta passion pour la danse cubaine avec nous en
France!
Carlos :
Merci à toi de nous avoir donné l'opportunité de nous exprimer sur ton site, de nous permettre de parler du Festival Caribedanza. Je voudrais
profiter de l'occasion pour remercier le bureau et les bénévoles de notre
association Cuba Sin Fronteras. La préparation de l'évènement ne serait possible
sans leur enthousiasme et mobilisation. Infos et programme du festival Caribedanza 2011
Depuis le mois de mai 2010 le mythique Diablito Latino dans le 11e arrondissement à Paris a fermé ses portes. En fait la rumeur avait déjà couru depuis le début de l'année: on allait y faire des travaux de rénovations. Mais il n'y a pas de rénovation, car en septembre la maison entière qui contenait le Diablito au rez-de-chaussée a été démoli! J'ai rencontré Lito Cancinos, organisateur de concerts et propriétaire du Diablito Latino, qui nous donne une très bonne nouvelle: il y aura un nouveau Diablito au même endroit que l'ancien!
OD : Lito, raconte-nous les débuts du Diablito Latino. Es-tu toi-même danseur de salsa ?
Lito Cancinos : Non, je ne danse pas (rire)... la salsa. Mais je danse Las Boleadoras, une danse argentine, dont l’origine remonte aux Indiens; c’est une arme de chasse et de défense, que nous avons transformée en danse. Je suis arrivé en France en 1978 pour travailler au Lido de Paris avec un numéro de cirque, justement les Boleadoras. Aujourd’hui je m’occupe des artistes de cirque cubain et je les représente et je les produis dans le monde entier.
Le Diablito Latino a ouvert ses portes en 1996. C’était un dîner-spectacle qui s’appelait Los Latinos; le public ne venait pas pour danser mais plutôt pour manger et regarder, même si à la fin de la soirée l’ambiance faisait danser tout le monde. Le spectacle était un mélange de danses latines: brésiliennes, argentines, vénézuéliennes, cubaines, mexicaines. Il y avait aussi de la musique live. Au bout de trois ans on a changé de formule pour devenir ce qui est devenu un endroit pour les salseros. On organisait des concert au Bataclan. J’étais le premier à faire venir à Paris Oscar d’Léon, La India, Los Van Van, Willi Colon, Célia Cruz, El Canario, etc. C’était le début du tsunami salsa à Paris !
OD : Ce qui m’a toujours plu c’était la formule entrée-buffet-boisson qui permettait d’enchaîner, après une journée de travail, directement avec une petite soirée conviviale de salsa. Vous étiez les seuls à offrir ça à Paris. Comment vous est venu cette idée?
Lito Cancinos : J’ai toujours voulu que El Diablito soit un endroit populaire où se mélangent tous les gens de tous les niveaux sociaux et de tous les âges. Et la demande était au rendez-vous ! On arrivait à recevoir 1500 personnes par semaine.
OD : Quand et pourquoi est-ce que vous avez fermé ?
Lito Cancinos : On a fermé en mai 2010. Le bâtiment est devenu vétuste, il n’était plus adapté à nos projets futurs : insonorisation, climatisation (les salsero transpirent trop ;-)), sonorisation,…. En septembre l’immeuble a été démoli et on a recommencé la construction d’un nouveau.
OD :Tous les salseros et salseras de Paris attendent avec impatience de savoir ce que ça va devenir…
Lito Cancinos : La bonne nouvelle : le Diablito va renaître de ses cendres pour enflammer à nouveaux tous ceux qui nous ont suivi pendant des années et ceux qui veulent nous rejoindre dans le futur ! En fait, nous allons rouvrir au même un endroit un Diablito tout neuf et beau. Ce que je veux c’est que le nouveau Diablito garde le même esprit de fête, de convivialité où tout le monde se mélange pour faire la fête. Il y aura deux niveaux : le restaurant au rez-de-chaussée et, au le sous-sol, une piste pour danser et pour assister à des concerts. Le reste surprise !
OD :Quand est-ce que tu vas rouvrir EL Diablito Latino Nuevo?
Lito Cancinos : Si tout va bien et s’il n’y a pas de retard dans le travaux, ça sera septembre ou octobre 2011. Ca sera l’occasion évidemment de faire une mégafiesta de inauguracion !!
Depuis des années Ivan est très connu auprès des salseros et soneros parisiens. Entretien avec ce danseur hors classe, toujours habillé très classe sur la piste...
OD : Ivan, pourquoi ton site web s’appelle-t-ilSalsaSon.net ?
Ivan Martinez : Le son est le précurseur de ce qui est devenu la salsa plus tard dans les années 1970. L'histoire des premiers enregistrements de la musique populaire cubaine datent des années 1920 par le très connu et respectable Septeto Nacional de Ignacio Piñeiro, le grand poète du son cubain qui a écrit le fameux Echale salsita (que vous pouvez écouter ici). Comme je ne donne pas seulement des cours de salsa mais aussi des cours de son, il était évident que j'intègre ça dans le nom de mon site.
OD : A quel âge as-tu commencé à danser ?
Ivan Martinez : J'ai découvert la danse depuis que je suis tout petit, même dans le ventre de ma mère. J'étais né le 10 juin 1969 à Guanabacoa, une ville très connue dans l'histoire de Cuba (lien wikipedia). Plus précisément je suis né à La Cruz Verde, derrière la maison de Rita Montaner (grande diva cubana, écoutez sa version fabuleuse de la chanson Manisero), entouré d'une partie de la culture afro-cubaine : yoruba, palo monte, abakuá, danseurs et musiciens de toutes sortes. Selon ma mère, le jour de sa sortie de l'hôpital il y avait une grande fête au village. C’était une célébration de santéria dédiée à Chango, et tout d'un coup, je gigotais sur les bras de ma mère, elle ne savait pas si je voulais danser ou si les rythmes des tambours me faisaient peur. Je ne crois pas (rire), parce que quand j'écoute les tambours bata j'ai la chaire de poule. J'adore ces instruments ! Plus tard à l’âge de trois ans, mes tantes étaient des danseuses de Los Guaracheros de Regla et m'ont appris à bouger comme il fallait. Dans ce petit village je me souviens de l'harmonie qu'il y avait entre les gens d'origine africaine et ceux d'origine espagnole. Il y a beaucoup de métisses à Cuba (mulâtres). Dans les fêtes de village tous dansaient sur la même musique. Donc pour moi, en tant que cubain, j'étais éduqué sur un principe de fraternité entre différentes cultures.
Vidéo : Ivan Martinez fait une démo de son (dansé sur le 2)
OD : Comment as-tu atterri à Paris ?
Ivan Martinez : A mon arrivée en France en 1995, je ne parlais pas un mot français, mais en plus de cette barrière de langue il y avait une autre barrière qui est liée à l'expression corporelle. Je vais expliquer cela par une anecdote : un jour quelqu’un m'a présenté un ami, je lui ai serré la main et en même temps je l'ai frappé chaleureusement sur l’épaule droite. Surpris il a reculé, et mon ami m'a dit qu'en France on garde une distance d'un mètre au moins !
OD : Ca me rappelle ce qu’un ami américain m’a raconté quand il s’est installé à Paris. Il venait de Los Angeles qui est très espacé et où chacun conserve une distance de trois mètres de l’autre. Ici, lorsque pour la première fois quelqu’un voulait passer derrière lui dans un tourniquet de RER il s’est senti agressé et lui donna un coup de coude dans le ventre ! Mais revenons à la danse…
Ivan Martinez : Je crois qu'une des raisons pour lesquelles la salsa fonctionne si bien dans le monde entier réside dans le fait que c'est une danse de couple. Elle permet aux gens de se rapprocher, se toucher, se sentir... Depuis la nuit des temps l'humain utilise ses cinq sens (odorat, ouie, vue, toucher, goût) pour s'harmoniser avec son environnement et mettre en équilibre l'esprit et la matière à travers l'Art en général. La salsa met en relation les hommes et les femmes, les deux piliers de la société. Les hommes viennent de Mars et pensent à la verticale, les femmes viennent de Vénus et pensent à l'horizontale (rires)… grâce à cette dualité entre homme et femme qui est toujours féconde la salsa aura comme toute chose son cycle de mort et de renaissance.
OD : As-tu une pédagogie particulière ?
Ivan Martinez : Le plus difficile à enseigner ce n'est pas la danse ou la musique elle-même, c'est la symbolique. Partons du principe que la danse en couple, dans toutes les cultures, a une origine de fertilité. Par exemple, dans la rumba il existe un cycle (le guaguanco, appelé aussi rumba urbana) où la femme, à travers la danse, séduit l'homme et l'homme exécute des gestes (appelés vacunao, "vacciner" en français). C'est comme le rituel de la poule et du coq... Dans la pédagogie de la salsa il faut enseigner les ingrédients qu'on met dans cette sauce : rumba, son, mambo, cha-cha-cha, pilon, mozambique, budu, yoruba, conga, danzon, cumbia, samba, menuet, contradanza, sapateo, rock, Pour moi la salsa, c'est comme le cochon : tout est bon ! (Avec tout mon respect pour ceux qui ne mangent pas de cochon !) Sur les pistes parisiennes, il y a des salseros qui ont une tendance plutôt hip-hop, par exemple, et je trouve ça génial. Je ne suis pas un puriste. Si la salsa est un mélange de musiques, une sauce, elles mélange aussi différents types de danse ! Je suis de ceux qui pensent qu'à Paris existe de plus en plus ce qu'on pourrait appeler la "salsa parisienne", c'est-à-dire un mélange entre la salsa casino (cubaine) et la salsa mambo (portoricaine). Donc on n'est plus dans la phase "donne à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César". Je veux dire par là que Dieu et César se sont enfin rencontrés!
OD : Quel conseil pourrais-tu donner aux débutants ?
Ivan Martinez : Il faut avant tout un professeur qui vous donne les bonnes bases, que ce soit théorique ou pratique. Quelqu'un qui vous instruit dans la technique de danse et aussi dans l'histoire. Mais surtout dans le partage et l'ouverture envers les autres sans avoir peur d'apparaître ridicule. Un professeur qui vous donne toujours l'envie de continuer. Souvenez-vous de précepte : "on est des éternels débutants".
OD : Ivan, merci pour cet entretien. As-tu un mot de conclusion à tous ces passionnés de salsa qui te lisent.
Ivan Martinez : Voyagez, femmes et hommes ! Vous êtes les deux piliers qui donnent la vie à la salsa. Assumez vos rôles, harmonisez-vous en dansant à travers la musique pour créer la libération de l'âme, ce que j'appelle dans mon langage à moi l'ORGASME SALSERO (rires...).
Ca bouge sur Dansemania
! Après le blog sur la danse et l'agenda qui commence à se remplir,
je vous invite de découvrir le nouvel annuaire de la danse qui vient
d'ouvrir aujourd'hui : www.dansemania.fr/annuaire//
Si
vous possédez un site internet sur la danse/musique je vous invite de
l'y référencer dès maintenant. Même si vous n'avez pas encore un site,
vous pouvez promouvoir votre activité en y laissant votre email et/ou
téléphone. Cliquez ici !
Quel est le meilleur âge pour apprendre à danser? Une chose est certaine, l'apprentissage de la danse est comme celui d'une langue ou d'un instrument de musique: vaut mieux commencer tôt. Un cerveau et un corps jeune assimilent plus vite des nouveaux gestes et les intègrent parmi les mouvement naturels. Quant à moi, j'ai commencé très tard et quand je vois les deux vidéos ci-dessous, je me demande comment ils vont danser dans dix ans ;-)
Tinan est un danseur exceptionnel, le type où les filles font la queue pour danser avec... Et comme tout prof, il danse aussi très bien le rôle de fille (j'ai même dansé avec lui plusieurs fois !). Et pour que cela ne soit pas trop simple il danse même en rollers... Entretien avec ce jeune homme danseur-musicien-écrivain plein de talent.
OD : Ton vrai nom est Christophe Leroy mais tu as choisi "Tinan" comme nom d'artiste. Pourquoi?
Tinan : Je suis d'origine haïtienne mais je n'y ai vécu que quatre ans et demi car j'étais adopté par une famille française en 1984. Lorsque j'ai retrouvé ma famille biologique en 2002 j'ai découvert mon prénom haïtien Manassé mais aussi mon "nom jwèt" (nom jouet = surnom) Tinan. Il n'a pas de signification particulière, c'est ainsi que m'appelait mon frère ainé quand il ne savait pas encore parler.
(Voir cet entretien filmé avec Tinan sur le thème de l'adoption des enfants haïtiens.)
OD :Comment es-tu arrivé à la danse?
Tinan : J'ai appris la musique au conservatoire pendant quatorze ans. Par la suite j'ai joué dans différents groupes de musique : classique, variété, jazz. C'est par le jazz que j'ai découvert le Latin Jazz et que je suis tombé sous le charme des sonorité salsa. En septembre 2001 je suis allé dans une soirée salsa à la Casa 128, endroit mythique de l'époque. J'ai trouvé cette danse si belle que je me suis dit "c'est ça que je veux faire". Je n'avais jamais fait de danse avant ce jour! J'ai pris des cours pendant un an avec Didier Dinart à Maisons-Alfort et en même temps je me suis formé en autodidacte en analysant les autres danseurs et les profs. Pendant une année j'allais plusieurs fois par semaine dans les soirées mais je ne dansais pas. Je notais tout ce j'observais sur un cahier et en rentrant chez moi j'étudiais le contenu de cette récolte. Je l'organisais dans plusieurs rubriques: pédogogie, technique, style, interprétation, erreurs. Mon objectif était d'arriver à lister les principes fondamentaux de la salsa pour la comprendre comme un système logique plutôt que comme une suite de passes.
OD :Mais comment as-tu vraiment appris ces mouvements à ton corps? Est-ce que tu t'es entraîné beaucoup à la maison? Avec partenaire pour apprendre le guidage? Car personnellement, moi je pourrais remplir mille pages d'un cahier mais comprendre la théorie d'une chose ne me suffit pas à savoir la faire.
Tinan : Premièrement, je m'entrainais lors des cours, environ deux heures par semaine. Deuxièmement, mon système aboutit à des fondamentaux simples à mémoriser et à reproduire. Troisièmement, c'est mon mode de fonctionnement, mais je sais que la plupart des gens fonctionnent différemment. Aussi j'encourage mes élèves à pratiquer régulièrement en soirée, à ne pas forcément faire comme moi.
OD :Sous quelle forme notes-tu les mouvements? As-tu encore ce cahier?
Tinan : Non, je ne l'ai plus, ce cahier était une sorte de brouillon qui m'a permis de construire le système pédagogique que j'utilise encore aujourd'hui. Je n'utilise pas des symboles ou dessins pour le mouvements mais de simples mots, par exemple "vacilala mains croisées main droite dessus". La compréhension devient simple si on connaît la dizaine des techniques de base, comme vacilala. Le reste est un habillage, une sorte de variation sur ces dix thèmes.
OD :Ton approche est très cartésienne et s'il y avait un inspecteur de l'académie de salsa tu serais certainement un prof exemplaire auquel il donnerait la meilleure note!
Tinan : Je n'aurais probablement pas la meilleure note car peu de gens sont convaincus qu'une approche aussi rigoureuse soit adaptée à une discipline qui est à la fois un loisir et un art. Ma position c'est que si tu veux apprendre et progresser tu dois explorer les deux aspects de la discipline: une technique rigoureuse et une approche expressive. Cependant j'ai tendance à privilégier la technique dans un premier temps afin que les bases soient bien acquises.
Clip vidéo : Tinan donne une formation de rythmicité à l'école Salsabor
OD :D'où vient cet intérêt pour la rigueur presque scientifique?
Tinan : C'est peut-être parce que je suis scientifique! J'ai enseigné les sciences physiques pendant sept ans dans un lycée. Par rapport à ma carrière de danseur et de prof de danse je voulais être au même niveau que les meilleurs que je rencontrais. Malheureusement je me suis rendu compte qu'ils avaient tous un énorme passé de danseur qui expliquait leurs capacités. N'ayant pas cet atout c'est ma rigueur qui m'a permis d'acquérir ces aptitudes que je n'avais pas. Par exemple pour travailler mes tours ou pivots j'ai commencé par écrire les équations qui régissent les mouvements des toupies (conservation du moment d'inertie, influence de la répartition de masse et inclinaison de l'axe de rotation). Cette compréhension m'a économisé des années d'expérimentation avec mon corps. En plus, cela devient plus facile à expliquer à des élèves de salsa qui débutent en danse. Evidemment je n'utilise pas le vocabulaire de la mécanique dans mes cours ;-)
OD : Quand tu as appris la musique tu étais aussi systématique?
Tinan : Pas tout à fait. J'aimais bien les explications rigoureuses mais j'avais cinq ans quand j'ai commencé la musique (d'abord piano, puis saxophone). Actuellement je joue surtout du saxo dans un groupe de soul, Radek Azul Band, et j'écris des musiques pour des chanteurs. Comme je travaille aussi avec des musiciens qui ne lisent pas les notes je me suis aussi adapté au mode de transmission orale.
OD : Le fait de jouer d'un instrument t'aide-t-il à mieux danser la salsa et réciproquement?
Tinan : Incontestablement les musiciens sont avantagés dans l'apprentissage de la salsa. Beaucoup d'élèves ont des difficultés rythmiques, et le rythme est sans doute la notion la plus difficile à enseigner. Les musiciens sont forcément avantagés car ils peuvent décrypter plus facilement les rythmes de base de la salsa. Il faut savoir que la salsa est une musique complexe, même pour un musicien. C'est pourquoi je conseille à tout élève de danse de prendre des cours de musicalité ou de timing. J'en donne aussi, et les résultats sont parfois étonnants: quelqu'un qui se considère comme arythmique peut en quelques séances danser en rythme et ressentir la musique, ou encore un danseur fortement habitué à danseur sur le 1 parvient à danser sur le 2.
D'ailleurs dans mes cours de danse je suis exigeant sur le rythme, surtout pour les filles. En effet, les danseurs doivent se concentrer sur le guidage et l'architecture de la danse. Ce n'est pas son rôle à veiller au rythme de sa partenaire — si toutes les filles étaient en rythme les garçons danseraient mieux!
OD : Pourquoi ne joues-tu pas dans
un groupe de salsa mais de soul?
Tinan : Si je ne joue pas de salsa à l'heure actuelle c'est pour deux raisons. D'abord une question de temps, j'écris parfois des musiques pour des groupes de salsa mais je n'ai pas le temps de jouer avec eux. D'autre part je ne veux pas que mon activité artistique se résume à la salsa, j'aime m'épanouir dans d'autres domaines aussi.
OD : Merci, Tinan, pour cet interview. Un denrier mot à nos lecteurs?
Tinan : J'ai beau être très pointilleux sur le rythme et la technique, je déplore que
certains danseurs oublient que l'essentiel c'est de prendre du plaisir à
danser. Alors, pendant les cours, soyez sérieux mais en soirées
éclatez-vous un max et ne réfléchissez pas trop !
Clip vidéo : spectacle de Tinan et Carole au Théâtre Ménilmontant en juin 2010
En bas de chez moi, dans le 11e arrondissement, il y a un resto de kebab turc et dans ce resto on retrouve souvent les mêmes personnages; l'un parmi eux est David Lesprit, il habite dans la maison à côté et de temps en temps il s'assoit sur le banc de la rue et chante du son avec des Bongos sur ses genoux. En fait, c'est à ce moment là que j'ai réalisé que mon voisin David fait partie de la scène musicale cubaine à Paris !
OD : Quel est ton parcours ? Comment es-tu devenu compositeur-interprète de musique cubaine ?
David Lesprit : J’ai étudié la clarinette et le solfège au conservatoire de Dijon. J’ai écouté tous styles de musique : classique, musique africaine et ethnique, les musiques du monde, le rock des années 1970, le jazz… Finalement, un jour en 1998 j’ai intégré un groupe de latin jazz, et là c’était mon coup de foudre pour cette musique cubaine dans laquelle se croisaient finalement beaucoup de ces influences qui avaient marqué mon parcours musical. Dans ce projet latin jazz une rencontre se révélait importante avec le percussionniste, Gaston Dupire. Il détenait une importante collection de disques de musique cubaine que j’ai dévorée: Alfredo Rodriguez, Mercedita Valdes, La Orquesta Aragon, Septeto Nacional, Orlando Maraca Valle, Cachao...
OD : Quand je te vois sur scène, tu ne joues pas que la clarinette mais aussi les bongos, les percussions mineurs (celles tenues à la main comme maracas, guiro, claves) et en plus tu chantes. Il faut donc être polyvalent pour jouer dans un groupe cubain ?
David Lesprit : Effectivement, cette musique est une combinaison minutieusement élaborée à partir d’éléments simples que j’ai eu besoin d’intégrer, je dirais corporellement, ce qui passe par la pratique des différents instruments. Ce qui m’amène à pratiquer également le piano et la guitare. Si on devait tirer l’essence de cette musique c’est une clave, une mélodie, un chœur, un improvisateur et une énergie collective où tout le monde va rechercher une stimulation pour la danse.
OD : Ah, parlons du phénomène de la pratique de la danse salsa à Paris. Qu’en penses-tu comme musicien de salsa ?
David Lesprit : Je dirais que la pratique de la danse est une prolongation de ce qu’on ressent pour cette musique ; ici en France je note une certaine déconnexion entre musique et danse. Ce qui est assez révélateur c’est que les groupes de salsa parisiens ne sont pas tellement soutenus par les danseurs. Et les soirées de concert n’ont pas le succès qu’elles devraient avoir à mes yeux. Je pense que au plus on développe de l’intérêt pour la musique et au plus le corps réagit à son contact. La connaissance de cette musique par les danseurs parisiens reste encore assez superficielle. Mais c’est en train de changer : on note que les musiciens interviennent de plus en plus dans les écoles de danse pour permettre aux danseurs de décrypter plus en profondeur cette musique. Mais j’ai envie de répéter que cette démarche s’inscrit dans la recherche de sensations plus fortes. Un exemple flagrant c’est que l’on accède pas à la transe sans être un minimum initié à la musique des tambours ; et pour moi la salsa contient ces éléments de transe. Ca fait 20 ans que la salsa est fortement présente et pratiquée dans la capitale et que cette culture commence à pénétrer les mœurs et les mentalités d’un certain nombre de parisiens.
OD : Faut-il comprendre l’espagnol pour vraiment comprendre la musique salsa ?
David Lesprit : Je pense que la langue reste un outil, mais l’essentiel reste ce qu’on ressent au contact de la musique qui peut être très fort sans qu’on comprenne pour autant l’espagnol. Cela dit, je note quand même pour avoir fait chanter au public des chœurs de salsa en français et improviser en français ça rajoute une dimension dans le contact avec le public qui prend conscience du partage qui se crée dans ces moments. Partage partagé sur la spontanéité de l’expression de l’improvisateur.
OD : Avec ton groupe, la Cubanerie, tu chantes en français ou en espagnol ?
David Lesprit : La Cubanerie est un septeto (basse, congas, bongo, tres, piano, trompette et moi au chant/clarinette). J’ai eu besoin de monter ce groupe pour exprimer ma sensibilité dans ma langue, en français, en utilisant les codes de la musique cubaine. Nous jouons une sélection de morceaux du répertoire traditionnel cubain (chanté en espagnol) ainsi que mes compositions chantées en français.
OD : Merci pour cet entretien. Un mot pour la fin ?
David Lesprit : J’espère que les salseros parisiens vont s’identifier à la musique de LA CUBANERIE qui se situe au croisement de la culture de la chanson française et de la musique cubaine !
Extrait vidéo d'un concert de La Cubanerie à Villebon-sur-Yvette — Avril 2010
Aah ce Félicien... vous avez certainement croisé ce danseur sur les pistes de salsa cubaine à Paris : cheveux longs, corps athlétique mais souple, très bon danseur... en somme un remake de Patrick Swayze, type salsero. Mais Félicien ne se limite pas à la salsa, il danse et enseigne également la Kizomba, le West Coast Swing et la Bachata. En plus c'est un garçon vraiment sympathique et convivial qui, comme on peut le voir sur les photos, danse avec tous le monde : femmes, enfants et hommes!
OD :A quelle occasion as-tu commencé à danser ?
Félicien Rossa : J’ai commencé grâce à mon père ! C’est un danseur de rock qui organisait des soirées chez nous à Caen tous les mois. On avait une grande maison et on accueillait entre 100 et 200 personnes. J’avais 14 ans lorsque j’invitais pour la première fois une fille à danser. J’ai pratiqué pendant quatre ans de manière intensive les danses swing (rock 4 et 6 temps, lindy hop, rock acrobatique…). A seize ans je me suis retrouvé même à donner des cours avec la partenaire de mon prof dans un centre culturel près de chez moi… à des élèves qui avaient trente ans plus que moi ! Ca se passait très bien, personne ne me remettait en question ; c’est amusant parce que les gens te donnent du crédit dès qu’on se place en tant que professeur.
OD :Alors avec un tel démarrage de jeune prodige pourquoi n’as-tu pas choisi de te consacrer entièrement à la danse ?
Félicien Rossa : Tout simplement parce qu’à Caen il n’y a pas assez de demande. On avait déjà quelques très bon professeurs et je ne voyais pas ce que je pouvais apporter de plus. Je n’avais pas encore pris conscience à cette époque que mon style et ma façon de « voir » la danse pouvait intéresser les gens. Du coup je me suis orienté vers une autre profession : l’ostéopathie.
OD :Quelle est la différence entre l’ostéopathie et la kinésithérapie ?
Félicien Rossa : Pour faire simple : la kiné s’oriente vers la rééducation alors que l’ostéopathie se veut plus globale. On peut aller voir l’ostéopathe pour des douleurs classiques (dos, bassin, nuque,…) mais aussi pour les troubles de sommeil, des problèmes digestifs, de la fatigue, etc.
OD :Est-ce que l’ostéopathie t’apporte quelque chose pour la danse ? Sais-tu mieux isoler les mouvements de tes articulations que le commun des mortels ?
Félicien Rossa : Non (rire) pas de mouvements magiques réservés aux ostéopathes ! Par contre mes années d’études passées à travailler sur le ressenti m’ont beaucoup aidé pour le développement de ma sensibilité artistique, tant au niveau du guidage que de l’écoute musicale.
OD :La danse est-elle bon pour la santé morale et physique ? A un patient qui a mal de dos ou qui a une dépression pourrais-tu lui prescrire de pratiquer la salsa ?
Félicien Rossa : A un patient qui a mal au dos, je lui dirais de se reposer (rires). Par contre, en cas de dépression, en plus du traitement adéquat, je lui conseillerais sûrement de se mettre à la danse, car elle a un effet relaxant évident pour beaucoup de monde. C'est ce que j'appelle une saine addiction ! Et puis, ça permet de sortir de chez soi, de rencontrer des gens facilement, et de découvrir qu'on est capable de faire de belles choses, dont on ne s'imaginait pas capable, une fois porté par un morceau qui nous "parle".
OD :Aujourd’hui on ne te connaît pas tellement pour le rock mais surtout pour les cours de salsa cubaine. On dansait ça aussi chez tes parents ?
Félicien Rossa : Absolument pas. A l’époque de Caen j’étais même anti-salsa ! Il y avait toujours deux ou trois danseurs de salsa qui insistait pour mettre quelques morceaux dans les soirées rock et ça m’insupportait. Le déclic m'est venu, comme beaucoup de choses dans la vie, par une femme : ma compagne de l’époque. Comme elle n’avait pas le même niveau en rock que moi, elle voulait qu’on commence une nouvelle danse où on débuterait tous les deux. C’est ainsi que je commençais la salsa… portoricaine, car c’était la seule enseignée à Caen ! Huit mois plus tard je déménageais à Paris et sur les conseils d’amis je suis allé à la Pachanga au cours d’Isaac qui enseignait la porto. Je n’ai pas accroché avec l’ambiance et je suis allé essayer les cours de David Fagour en cubaine, et je suis tombé amoureux de la salsa cubaine… et de David aussi ! C’est grâce à lui que j’ai eu envie de pratiquer la cubaine, et que j’ai trouvé l’inspiration pour l’ambiance que j’essaie de créer dans mes cours. Il y a cinq ans, en rentrant à Caen pendant les vacances, j’ai proposé à des amis de leur montrer les mouvements de rueda qu’on pratiquait à Paris puisqu’à Caen la rueda était quasiment inconnue. Nous nous sommes retrouvés au port en plein air à danser, une demi-douzaine le premier jour, quinze le lendemain, trente le surlendemain, pour finir à 80 au bout de deux semaines. Ca a duré tout l’été. On n’a même pas imaginé à l'époque qu’il fallait une autorisation pour pouvoir danser dans un lieu public, mais notre sono était vraiment faible, donc pas vraiment de nuisance pour les voisins, qui avaient de toute manière plutôt tendance à venir voir ce qui se passait avec curiosité et envie. Ce sont mes amis qui ont découvert mon potentiel et m’ont encouragé à donner des cours.
OD :D’où viennent tes nouveaux mouvements? Tu les inventes, tu les observes chez d’autres danseurs sur la piste ou sur YouTube, ou est-ce que tu te perfectionnes dans des cours?
Félicien Rossa : Tout ça à la fois. J’observe beaucoup en soirée, danseurs comme danseuses car il me faut les deux points de vue, je regarde aussi quelques vidéos sur internet. J’aime beaucoup aller dans les cours de « collègues » car je trouve nécessaire de remettre en question sa pédagogie et sa façon de faire et qu’il y a beaucoup de profs de talent sur Paris. Ca serait dommage de s’en priver ! Mais ma plus grande source d’inspiration reste Santiago de Cuba. J’y ai découvert une nouvelle façon de danser. Que ça soit au niveau énergie, mouvement et interprétation musicale, il y a une vision complètement différente de la salsa là-bas. On ne se demande pas qui est le meilleur danseur, qui a la meilleure passe ou le dernier pas à la mode, on danse pour le plaisir, et c'est tout. Et c’est quelque chose que je trouve qu’on a un peu tendance à délaisser ici à Paris.
OD :Crois-tu vraiment que les milliers de danseurs parisiens qui occupent les pistes tous les soirs ne le font pas pour leur plaisir?
Félicien Rossa : Pas du tout ! Simplement je trouve qu’on a tendance à oublier la notion de partage avec les partenaires. Par exemple à Cuba on peut voir un danseur « performer » qui va enchaîner des mouvements compliqués et à son côté un autre qui ne fait que des enchufela et des dile que no, et qui ne se sentira pas obligé pour autant d’en faire plus, le principal étant de prendre du plaisir à danser quelque soit son expérience.
OD :Donc au fond ici les gens semblent plus soucieux du regard des autres?
Félicien Rossa : Oui, je pense que c’est un phénomène de société. C’est notre culture qui veut ça. On a appris à se sentir jugé et à chercher à se dépasser sans prendre en compte notre propre plaisir. Et c’est quelque chose que je désapprends à Santiago et c’est pour cela que je conseille à tous les danseurs de prendre le temps de découvrir cette culture.
OD :Ou donnes-tu des cours actuellement ?
Félicien Rossa : Je donne principalement mes cours à Massy, le mercredi soir, avec l'association El Mundo Latino, dirigée par un couple d'amis, et avec qui je travaille depuis plus de 4 ans maintenant. J'y enseigne la salsa cubaine et la bachata. Nous organisons également des stages ponctuels de cha cha, de kuduro, ou d'isolations et mouvements du corps, servant beaucoup dans les danses latinos. Et nous avons comme projet d'ajouter aux possibilités de nos adhérents des cours de kizomba cette année. Le mardi je suis dans une salle de sport à la Motte-Picquet, à Paris, et je donne des stages ponctuels Porte de Montreuil, avec l'association A Lo Cubano.
OD :Merci pour cet entretien. Un dernier mot?
Félicien Rossa : Tout d'abord merci à toi pour ton temps, et pour l'énergie que tu mets dans ton site, car je me doute que ce n'est pas une mince affaire. Ensuite, un grand merci à tous ceux qui croient en moi et m'aident à développer mes projets. J'ai des ambitions qui parfois sont un peu trop importantes pour mes seules épaules, et même si on a tendance à ne pas y faire attention, un professeur est toujours inspiré et entouré par les gens qu'il cotait. Et enfin, j'espère que la danse en règle générale continuera à se développer, et que les gens garderont bien en tête que c'est avant tout un partage, et qu'un partage se fait à plusieurs, et non pas seul dans son coin…
Après toute la musique latine festive j'aime bien me reposer les oreilles avec des vieilles chansons douces comme par exemple Miss Otis Regrets composée en 1934 par Cole Porter (1891-1964). Le charme de cette chanson réside dans le fait qu'une mélodie toute tranquille sert à raconter un fait divers sanglant : Miss Otis a tué son amoureux qui la trompait et, avant d'être mis en justice, se fait lyncher par la
foule. Le même matin sa servante se rend chez une amie de sa maîtresse pour la prévenir qu'aujourd'hui Miss Otis ne viendrait pas déjeuner, et c'est cette annonce que nous entendons comme chanson.
Il y en a divers arrangements par des jazzmen ainsi que beaucoup d'interprétations par des chanteurs connus ; mais à mon avis aucun enregistrement n'égale ceux que Ethel Waters (1896-1977) a faits dans les années 1930. Je trouve qu'elle réussit trop bien la servante qui chante avec une naïveté toute tranquille cette ballade au contenu horrible.
Miss Otis regrets she's unable to lunch today, Madam. Miss Otis
regrets she's unable to lunch today. She is sorry to be delayed, But
last evening down in Lover's Lane she strayed. Madam. Miss Otis
regrets she's unable to lunch today.
When she woke up and found,
that her dream of love was gone. Madam. She ran to the man who had
lead her so far astray. And from under a velvet gown, She drew a
gun and shot her lover down, Madam. Miss Otis regrets she's unable
to lunch today.
When the mob came and got her and dragged her
from the jail, Madam, They strung her from the old willow cross
the way. And the moment before she died, She lifted up her lovely
head and cried, Madam. Miss Otis regrets she's unable to lunch
today.
Miss Otis regrets... she's unable to lunch today.
Ecoutez vous-même !
Evidemment après ça je ne peux pas supporter la version de Bette Wilder qui n'a rien avoir avec l'idée de la chanson ;-) Mais il existe aussi une autre version dansée, une parodie par Fred Astaire qui est très bien réussie notamment par les commentaires ajoutés.
Danseurs et danseuses : avant
Et comme il s'agit d'un blog sur la danse voici encore un extrait du film Le Bal (1983) du maître-réalisateur italien Ettore Scola (né en 1931). C'est génial comme il met en scène regards et gestes sans aucune parole ! Tout est dans le choix du partenaire pour ce tango qui est une expression verticale d'un désir horizontal... J'aime en particulier la scène de la danseuse qui reprend son sac à main.
Danseurs et danseuses : maintenant
Aujourd'hui, quelques décennies plus tard, c'est quand même beaucoup plus cool et décontracté, comme on peut le voir sur la vidéo suivante de la Caravane de la salsa ! Pourtant nos danseurs et danseuses salsa contemporains eux aussi ont parfois certains tics et habitudes dignes d'un petit film amusant — attendons un réalisateur doué pour les caricaturer... J'aimerais bien savoir quel rôle je jouerais le mieux, le timide, le dragueur, le gros, le paresseux ? Probablement dans trente ans nous apparaîtront aussi ringards que les figures d'Ettore Scola.
Qui connaît Jacques Rousset ? Lorsque j’entendais son nom pour la
première fois je pensais immédiatement à Christophe Rousset, le
grand claveciniste et chef d’orchestre de musique baroque qui se produit régulièrement au
Théâtre des Champs Elysées et qui a enregistré, entre autres, la bande son du film
Farinelli... En fait Jacques est son petit frère ! Les salseros parisiens
le connaissent mieux sous le nom Jack El Calvo (=Jacques le chauve).
Rendez-vous avec ce DJ pionnier de la salsa cubaine en France.
OD : Jacques, quelle est ton éducation musicale ?
Joues-tu d’un instrument ?
Jack El Calvo : Tout dépend de ce qu’on appelle éducation musicale. Si tu
estimes que c’est quelques chose qui doit passer par une voie académique comme
le conservatoire, je te répondrais que je n’en ai aucune. En revanche, ayant
deux frères passionnés de musique ma chambre était coincée entre le rock et le
baroque (est-ce cela qu’on appelle musique de chambre ?!). J’ai commencé à
apprendre le piano à l’âge de six mais le solfège m’a écœuré de la première
année, donc j’ai arrêté. J’ai toujours rêvé de jouer de la Basse…
Mon éducation musicale a été faite au fur et à mesure de ma
vie. Aujourd’hui j’écoute de tout en étant très sélectif par rapport à ce que
j’estime être de la qualité (rock, jazz, black music, classique, etc.).
OD : A quelle occasion as-tu commencé à t’intéresser à la
salsa ?
Jack El Calvo : Mon métier m’a amené à voyager à Cuba à l’ouverture du
tourisme sur l’île en 1995. Et lors d’une visite dans une ferme à Pinar del
Rio, un paysan jouait à fond sur un poste une musique qui a attiré tout de
suite mon attention ! J’ai demandé au guide ce qu’était cette musique. Il
m’a répondu naturellement : C’est la musique de mon
pays !! La salsa ! J’ai demandé au paysan si je pouvais
lui acheter le disque et il m’a dit ok, je lui ai acheté 10 dollars ce qui
était une fortune pour lui et une misère pour moi.
Adalberto Alvarez y su Son et ce titre Y que tu
quieres que te den furent donc le début d’une nouvelle vie et d’une
nouvelle passion… Et surtout le début d’une boulimie d’achat de disques de
salsa !!
OD : De l’amour pour cette musique jusqu’à devenir le DJ de
musique cubaine le plus important de Paris, quel a été le chemin ?
Jack El Calvo : En fait juste à mon retour de Cuba, j’ai découvert dans la
rue une affiche annonçant un concert de Salsa au New Morning :
« Paris Salsa All Star » géré par Luis Rosich dans lequel un jeune
chanteur colombien allait plus tard faire parler de lui : Yuri
Buenaventura...
C’était un regroupement des musiciens latinos de Paris,
organisé au New Morning presque tous les mois, avec Alfredo Cutufla et même
Anga Diaz « ex-Irakere » (paix à son âme). J’ai donc été voir pour la
première fois un orchestre salsa en live, j’ai vu des gens danser et j’ai
trouvé ça génial. J’ai continué à acheter beaucoup de disques (tout ce qui me
plaisait, notamment sur Radio Latina à l’époque où ils diffusaient encore de la
bonne musique ; désolé messieurs Burgos et Scodinu si vous me
lisez !). Je ne faisais pas de différence entre salsa cubaine et salsa
portoricaine ou colombienne. J’ai même commencé à écouter la Fania, Hector
Lavoe, etc…
A force de sortir au Montecristo (c’était le seul endroit à
Paris où tous les soirs on pouvait danser la salsa !) et dans les
soirées colombiennes (Espace Voltaire) j’ai
rencontré Roberto El Cubano. Un jour il a eu une proposition de mixer. J’avais
les disques… On s’est réuni pour ne jamais se quitter !! Aujourd’hui nous
animons, depuis 5 ans maintenant les « Para bailar Casino » au WAGG
tous les dimanches. Mais auparavant la CASA 128 et le MONTECRISTO bien sûr…
Encore une fois, à l’époquej’écoutais vraiment la Salsa au sens large, il n’y avait aucune
frontière ni de danse, ni de musique. J’allais aussi bien dans les soirées
purement colombiennes « saignantes », que dans les soirées
généralistes salsa. Et je me suis rendu compte au fur et à mesure, que par
exemple Willie Colon était exceptionnel à écouter mais que LOS VAN VAN ou NG LA
BANDA me donnaient une énergie et faisaient vibrer en moi quelque chose
d’inexplicable… J’ai donc voulu mettre en avant cette musique qui n’était pas
du tout connue pour des raisons politiques : le marketing des maisons de
disques aux US n’avait aucune commune mesure avec Cuba !!
Pour se fournir en disques, il fallait aller à Cuba. Il
existait à Paris un ou deux distributeurs (qui aujourd’hui ont disparu pour des
raisons évidentes de non-rentabilité). J’ai donc fait de mes sélections musicales progressivement
une orientation 100% cubaine. Je défendais une musique d’une culture qui ne
m’appartenait pas mais qui me parlait comme si j’étais cubain !
Et parallèlement à cela, les écoles de danse ont commencé à
mettre leur grain de sel dans le paysage salsa de Paris : Salsabor a
introduit des codes et des styles auxquels je n’adhérais pas : même si je
les respectais… La musique des années 70 envahissait les pistes de France et la
musique cubaine tendait à disparaître… David Fagour à la Pachanga, Roberto et
moi étions à l’époque les derniers bastions à faire du « 100% cubain »
(Montecristo, Casa 128).
La scission s’est faite progressivement et on ne faisait
plus la fête tous ensemble… Certains essaient ou ont essayé de réunir ces deux
populations mais je crois que c’est trop tard…
OD : Dans tes soirées tu fais un bon dosage de morceaux bien
connus, ce qui rassure nous danseurs, et de nouvelles importations de timba,
notamment des live, que nous n’avons jamais entendues auparavant…
Jack El Calvo : Tout d’abord, ma recette n’est pas forcément la seule (ou la
bonne ?) mais j’estime que les danseurs aiment avoir des repères. Il est
ennuyeux de danser sur des musiques inconnues toute la soirée ou pendant 30
minutes. Pourquoi ? Il faut penser à son public… Comment peut-on se
mettre en valeur vis à vis de sa danseuse ou de son danseur, si on ne connaît
ni les breaks, ni les paroles ?! En revanche alterner nouveautés ou perles
avec des « morceaux repères » est à mon avis une solution pour que tout
le monde s’y retrouve et passe une bonne soirée.
Mes confrères qui travaillent sur la musique
« porto » (terme générique !) font plutôt de l’archéologie sur
des artistes parfois disparus quand moi je cherche le nouveau groupe à la mode
à la Havane ! Ce n’est juste pas le même travail.
OD : Tu veux dire que la musiquesalsa portoricaine ne se renouvelle pas autant ? Quels
changements musicaux des groupes cubains as-tu constatés durant les derniers
quinze ans ?
Jack El Calvo : Elle ne se renouvelle pas autant que la salsa cubaine à mon
avis. On a vu l’émergence des certains artistes qui ont tenté de reprendre le
flambeau, Jimmy Bosch, Spanish Harlem Orchestra, Ocho, mais… peu de
productions finalement…
Concernant les changements musicaux des groupes cubains, ils
suivent l’actualité des Etats Unis ! Sergio George le producteur américain
de salsa a introduit le ragga dans le groupe D.L.G. et cela a beaucoup marqué
les cubains à l’époque… Il a été introduit par petites touches… On constate
également des éléments de musique brésilienne qui sont de plus en plus
fréquents, mais également par petites touches. Puis évidemment le reggaeton (né
à Puerto Rico) qui a envahi l’Ile de Cuba.
OD :Quand j’étais à Cuba j’ai assisté, lors d’un fête
municipale, à concert d’un excellent groupe de salsa ; il y avait des
centaines de jeunes qui écoutaient la musique, cannette bière à la main, et
personne ne dansait. Mais après le groupe c’était un DJ qui s’est installé sur le
podium et quand il a lancé le reggaeton ça déhanchait grave… Les cubains de vingt ans écoutent la salsa mais ne semblent plus danser dessus. Comment vois-tu le
futur de la salsa ? Penses-tu que dans quelques années elle quittera l’île
de Cuba pour n’exister que dans la diaspora ?
Jack El Calvo : Tu touches évidemment un point sensible. La musique que je
défends est celle d’une génération. La génération actuelle et celle qui arrive
sont attirées par de nouvelles sonorités et dans un sens je peux les
comprendre. Le Reggaeton est un courant musical qui fait beaucoup parler de lui
et qui est désormais inévitable… Les groupes de Timba actuels le savent et
composent avec en invitant par exemple des stars actuelles du reggaeton ou en
reprenant des titres à eux. Ils composent pour plaire à un maximum de
personnes…
Le futur il ne sera peut-être plus à Cuba mais on a 20 ans
de discographie qui continue de s’enrichir, certes moins. Cependant aujourd’hui
si tu veux sortir de l’île pour faire une tournée en Europe ou aux US (puisque
désormais les groupes ont à nouveau la possibilité de se produire là-bas), il vaut
mieux encore s’appeler LOS VAN VAN que la COLA LOCA…
OD :Tu es aussi organisateur de concerts comme par exemple au
festival Caribedanza à Argenteuil. Quel groupe inviteras-tu pour l’édition
2011 ?
Jack El Calvo : Non, je ne suis pas organisateur de concerts. On vient souvent
me demander des conseils par rapport à certains groupes, mais je ne suis pas
organisateur. En l’occurrence, sur Caribedanza Carlos peut parfois me
demander des avis mais cela s’arrête là. C’est lui le vrai et excellent
organisateur de ce très beau festival avec toute son équipe. Ils font un très
bon travail.
OD : Quand tu mixes au Wagg ça sonne beaucoup mieux que quand
tu fais la même chose au Diablitho Latino. Est-ce une question d’acoustique du
lieu ou de qualité de l’installation sono ?
Jack El Calvo :Cela va te paraître
d’une évidence évidente (comme j’aime dire), mais si la musique n’a pas le bon
écrin et surtout le bon matériel, comment peut-elle être mise en
valeur ???
Un bon son à Paris
est très rare voire impossible quand on sort des endroits nommés
« discothèques ». Le Diablitho Latino n’était pas une discothèque
même s'il en avait l’ambition. Mais le voisinage et l’isolation acoustique
n’était pas en adéquation pour que les DJ’s fassent sonner la musique comme il
le fallait. A voir ce que ce sera avec la prochaine réouverture… Je pense que
Litho fera en sorte que cela puisse être de meilleure qualité.
OD :Quelques fois le son est si fort que je me protège les
oreilles avec un petit morceau de mouchoir, mouillé de préférence. Est-ce que
tu n’as pas peur que la musique te rende sourd ?
Jack El Calvo : Je n’ai pas entendu ce que tu viens de dire ? Tu peux
parler plus fort ? (rires).
Pour moi le volume sonore est propre à chacun. Certains vont
trouver que la musique est forte, d’autres pas assez. C’est comme une
température dans une pièce. On a des repères pour que ca ne dépasse pas le
légal bien évidemment.
Cependant moi en tant que mélomane, j’aime que la musique
joue fort pour mieux la ressentir, que la basse rentre en moi. J’aime à faire
ressortir des moments importants des morceaux pour faire monter la sauce… Sans
volume sonore, la musique me parait plate…
OD : Au Wagg tu ne mets presque jamais de la bachata. Pourquoi ?
Jamais non ! En doses
homéopathiques oui ! Je n’aime tout simplement pas spécialement cette
musique. Elle me sert à reposer les oreilles de tout le monde pour pouvoir
repartir de plus belle. Je ne connais aucune bachata qui me fasse vibrer !
Après c’est juste personnel !!! Mais je sais que certains en sont friands
donc j’en passe un peu.
OD : Quelle est l'anecdote la plus bizarre qui t'est arrivée en soirée ?
Jack El Calvo :
L’anecdote la plus drôle est celle d’une femme qui vient me
voir un soir au Diablitho alors que l’ambiance est à son comble… Elle me
demande de jouer Elvis. Je lui répond : Elvis Crespo, le chanteur de
Merengue ? Elle me répond non ELVIS !!! Alors je saisis : ELVIS
PRESLEY ??? Oui me dit elle… Je lui montre la salle et je lui rappelle
dans quel genre de soirée elle est. Elle me répond : mais ELVIS a fait de
la musique Hawaïenne !!! Et là j’étais désarçonné !!
L’anecdote la plus triste est lorsquej’entends qu’ « on veut ma
peau »… J’ai du mal à comprendre. Mais il me faut l’accepter puisque quand
on s’expose de manière générale c’est aussi ce qui peut arriver…
La plus bizarre ? C’est lorsque certaines personnes ont
des réactions pour moi comme si j’étais une star. Or je n’en suis pas une. Je
suis juste le médiateur entre les artistes qui sont des vraies stars et le
public.
OD : Un dernier mot ?
Jack El Calvo :
Je suis heureux que désormais la musique cubaine ait sa
place partout en France, c’est une énorme satisfaction. Je peux désormais
quitter la place tout en sachant que derrière la relève est largement assurée
par des personnes talentueuses qui sauront défendre cette musique. Cependant,
il faut absolument que les professeurs prennent conscience qu’ils sont ceux par
qui tout commence et donc que l’éducation salsa ce sont eux qui la donnent en
premier… Il faut que la musique soit au cœur de cette éducation. Il faut
pousser ses élèves à aller voir des concerts live. Le live c’est la vie… Sans
concert, c’est la mort annoncée de cette musique.
A l'origine de la salsa sont des danses populaires qu'on
dansait dans les rues. Donc rien de plus naturel de ramener dans
l'espace
public cette convivialité. Entretien avec Nazem, grand organisateur de
bals
salsa dans les parcs et les rues de Paris.
OD :Comment es-tu
arrivé à
la salsa ?
Nazem : Initialement j'étais gérant d'une société de
services en informatique. Il y a sept ans, après la bulle internet et
le
11/09, cette société a dû déposer le bilan. J'en ai profité pour
changer
totalement d'orientation, j'ai créé l'association Maison Orange et je
suis
devenu prof de salsa. Pendant les premières années les cours avaient
lieu dans
mon salon ! Il y avait de la place pour cinq ou six couples...
OD
:D'où vient le nom Maison Orange ?
Nazem : C'était simplement le
nom que
mes amis avaient donné à mon appartement dans le Quartier Latin,
certainement
en raison de la lumière orangée de cet espace qui était ouvert aux
amis et
était une sorte de refuge en plein centre animé de Paris.
OD :Actuellement tu es ce qu'on pourrait appeler le Cheikh de la Caravane
de la
Salsa ; tu fais le merveilleux cadeaux à nous danseurs d'organiser
des bals
dansants en plein air pendant tout l'été. C'est la première année que
tu fais
ça ?
Nazem : Non, la Caravane de la Salsa est née en mai 2009. J'avais pris la décision de quitter mon appartement, la Maison
Orange,
après y avoir vecu pendant 10 ans pour vivre comme une sorte de nomade
dans la
ville et pour connaître un maximum de quartiers. Du coup la Caravane
de
la Salsa est devenue aussi un voyage de la danse de quartier en
quartier.
Cette caravane fait deux types d'événements : pendant l'été des bals
de
salsa dans les parcs et, pendant l'hiver, des Villages Salsa qui ont
lieu dans
des bars et restos d'un quartier entier.
OD : Comment est-ce tu
te
prends pour obtenir les autorisations ?
Nazem : Pour les
Villages Salsa
on traite directement avec les patrons de bars et j'envoie en plus une
lettre
d'information à la préfecture de police. En fait on se heurte quand
même à des
difficultés liées à une histoire de licence pour danser dans les bars. Si on doit appliquer la loi à la lettre on a 90% des soirées
dansantes
qui vont disparâitre à Paris. Pour qu'un bar puisse organiser des
soirées
dansantes il doit se soumettre à une expertise de l'administration qui
détermine le volume sonore maximal autorisé (qui s'avère souvent être
très
faible) et qui se solde par l'installation d'un limitateur automatique
de son
: une sorte de thermostat de décibel qui coupe le jus de la sono dès
que
le seuil fixé de volume est dépassé. C'est ainsi qu'on a eu des
difficultés
à pérenniser des soirées dans des bars qui ont participé aux
différents
Villages Salsa ou que certains lieux mythiques de la salsa parisienne
ont du
cesser leurs soirées. Par exemple le Cava Cava, rue Moret à Oberkampf,
est
devenu un bar à jazz depuis quelques années.
OD :Et dans les
parcs
alors ?
Nazem : On est allé dans les parcs parce c'était la
seule
possibilité de danser en plein air et en lieu public. Hormis les bars
la
Caravane de la Salsa voulait initialement créer des bals sur les
places et
squares publics partout à Paris. Suite à une première demande déposée
à
la préfecture on nous a fait comprendre que c'était interdit !! En
effet, il existe une loi en France qui ne s'applique qu'à Paris et qui
interdit les bals dans les lieux publics sauf une fois par an : le 14
juillet
! Après avoir insisté, on nous précise que c'est possible à condition
que le lieu public demandé soit clôturé... donc les parc et jardins !
OD :Donc c'est pour ça que nous ne dansons pas sur
l'esplanade du Trocadéro mais au parc de Belleville ?
Nazem :
Voilà,
c'est ça ! En même temps si on est allé dans les parcs par contrainte
on
y va aussi par envie ! Car ce sont des espaces magnifiques et
l'expérience de danser dans les parcs a créé une forme nouvelle et
très
agréable de pratiquer la salsa au soleil, ce qui est un total bonheur!
OD :J'aime bien cette idée
de
démocratiser la salsa : dans les parcs les parents peuvent amener
leurs
enfants, faire un picnic, etc. Mais est-ce que ce n'est pas une
concurrence gratuite aux organisateurs des quais ou encore aux organisateurs professionnels des soirées,
dont tu
fais aussi partie ?
Nazem : Non, c'est complémentaire. On essaie de programmer les dates
de façon
à ne pas concurrencer les événements habituels qui ont lieu par
exemple le
dimanche. C'est pour cela que les premiers parcs ont lieu les samedi. Et comme nous terminons à 21h, l'heure de fermeture des parcs,
beaucoup
de gens vont ensuite danser dans les différentes soirées. Concernant
mes
propres soirées (par exemple les vendredi soir aux Ecuries de
Josephine, ou le
lundi au Mecano) la concurrence que je me fais à moi-même est plutôt
au niveau
du temps consacré aux événements de la Caravane de la Salsa. Exemple :
le Village Salsa d'Oberkampf, c'était deux mois de
préparation.
OD :Est-ce tu crois que ce phénomène de tels
événements salsa aurait pu exister il y a 20 ans, avant l'explosion de
l'internet et des téléphones portables ?
Nazem : Nous, on a
effectivement utilisé principalement Facebook pour communiquer les
événements
ce qui est rapide, commode et surtout interactif. Aujourd'hui on
utilise
aussi cet outil pour faire participer les gens à certaines prises de
décisions, par exemple préférez-vous un bal du 14 juillet sur telle
ou telle
place ? ou que pensez-vous de tel ou tel parc pour un bal ? ou quelle programmation musicale préférez-vous ? Mais s'il fallait
organiser un tel événement il y a 20 ans on aurait trouvé les moyens
!
OD :Merci pour cet entretien et tout ce que tu fais pour nous danseurs.
Nazem :
La
Caravane de la Salsa n'a pas le monopole de faire danser dans les
lieux
publics. Allez-y, organisez, lachez-vous! Il y a plein de lieux à
exploiter, que ça soit à Paris ou ailleurs. Par exemple l'idée des
Villages de la Salsa peut avoir lieu dans toutes les communes de la
région
parisienne. Pourquoi pas une fête salsa annuelle dans chaque ville. Il faut savoir aussi que l'interdiction de danser en lieu public est
purement parisienne, elle ne s'applique pas en banlieue. Il suffit
que
les associations de salsa se réunissent pour monter ce type de projet
dans
leur commune. Il faut que ça danse... partout!
OD : Un dernier mot ?
Nazem :
Je postule une nouvelle loi de climatologie:
La terre ajuste le climat au comportement des gens — plus on danse dehors plus il fera beau!
OD :Maélia, tu viens de créer Show Elegancia Paris ? Qu'est-ce que c'est ?
Maélia : C'est une société de production de spectacles événementiels. Je propose des spectacles de danse issus de différentes régions du monde (Brésil, Caraïbes, Orient, Latino, Afrique) et également des spectacles de variétés. Les prestations sont variées : elles vont de la revue prestigieuse à des animations et des concerts. De nombreux clients souhaitent que nous intervenions lors de dîner-spectacles (soirées d'entreprises, casino, cabaret) ou encore lors de mariages et anniversaires, voire sur des plateaux télévisés et des publicités.
OD :Est-il facile de créer une société de production de spectacles en France ?
Maélia : Olala, ne m'en parle pas ! Il ne faut pas être pressé avec l'administration française ! Je n'ai pas créé une association loi 1901 mais une SARL car il est nécessaire d'avoir une véritable structure juridique pour gérer ce type d'activité de manière professionnelle. C'était un vrai parcours du combattant : des allers-retours pour obtenir une licence d'entrepreneur du spectacle entre la DRAC (Direction régional des affaires culturelles) et le CFE (Centre de formalités des entreprises). Le CFE permet l'immatriculation en tant que société (numéro TVA et SIRET) ; cela peut prendre jusqu'à deux mois. Quant à la DRAC, elle demande de fournir un dossier ; la candidature doit répondre à certains critères, par exemple avoir été salarié dans le monde du spectacle. Dossier qui passera en commission, mais cette commission ne se réunit que deux fois par an... En résumé, il ne faut pas être pressé pour travailler !
OD :Comment es-tu arrivée à devenir gérante d'une telle société ? Quel est ton parcours ?
Maélia : Cela a été avant tout un parcours artistique. Je suis danseuse professionnelle depuis 1994. Puis à la naissance de ma fille j'ai entrepris une reconversion dans l'administration du spectacle vivant en tant que chargée de production pour des compagnies de théâtre au Festival d'Avignon et des compagnies de danse (Trafic de Styles, Des équilibres, Articulation...) et pourtant je n'ai pas arrêté de danser sur scène ; de danseuse de compagnie je suis devenue danseuse pour l'événementiel. J'ai eu envie de changer d'orientation professionnelle l'année dernière. L'idée d'allier mes talents de danseuses à mon expérience dans la gestion et l'organisation de spectacle m'a semblé judicieuse. Je ne souhaitais plus travailler pour les autres. Les galas me fatiguaient car les spectacles étaient toujours les mêmes.
OD :Oui, j'ai entendu un ami qui est danseur brésilien dire qu'il n'avait pas besoin répéter car sa troupe se mettait d'accord sur la chorégraphie juste avant de monter sur scène. Apparemment ils ont un répertoire rôdé et efficace...
Maélia : En effet ! Je connais le nom de ce répertoire : l'internationale, tago-mago, etc. C'est bien ce qui me fatiguait, le même répertoire depuis dix ans ! Quel renouveau ! En tant qu'ancienne danseuse de compagnie je souhaite retrouver la création et l'intégrer à l'événementiel. Voilà pourquoi nos spectacles sont des créations artistiques car ils sont mis en scène par moi-même et d'autres chorégraphes. Les costumes ont été créés dans les ateliers de plusieurs couturiers en France et au Brésil, et pour certains spectacles j'ai fait appel à un compositeur pour la création musicale.
OD :Comment es-tu arrivée à la danse ?
Maélia : Dans ma jeunesse la danse ne m'intéressait pas vraiment. J'ai pratiqué la gymnastique puis l'athlétisme. Un jour un ami rappeur m'a proposé de danser pour son groupe ; il se produisait dans des MJCs. J'ai refusé car je ne me voyais pas danser, d'autant plus que je faisais des études de langues orientales à l'INALCO pour devenir interprète de japonais. Mais tu sais, les hommes ils savent insister... Deux ans plus tard il me présente un chorégraphe de danse hip hop, Nasty, et tout a commencé. J'essaye puis je deviens danseuse. Le Théâtre contemporain de la Danse me propose de faire partie d'un spectacle devenu emblématique : "Sobedo, un conte hip hop". Certains parmi vous se souviennent peut-être de ce spectacle créé au Casino de Paris, suivi d'une tournée nationale en 1994, et dont le succès a contribué au départ d’une nouvelle ère pour la danse hip hop, par son entrée officielle dans les théâtres et sa diffusion auprès d’un large public. J'étais notamment breakeuse et acrobate. Quelle belle époque ! Ensuite j'ai suivi une formation de danse africaine, je suis devenue danseuse de revue parisienne avant de me spécialiser dans les danses latines et tropicales.
OD : Cela t'arrive encore de danser pour le plaisir ?
Maélia : Bien sûr que oui et c'est là que je vibre le plus ! Quand le temps me le permet je vais dans les soirées salsa au Wagg, au Diablito Latino, au QG, etc.
OD : Maélia, merci beaucoup pour cet entretien... et cette danse !
Depuis deux ans une "nouvelle" danse est en train de conquérir les pistes : la kizomba. Contrairement aux autres danses (merengue, bachata, zouk) qui enrichissent déjà nos soirées salsa la kizomba est un peu plus délicat à danser, elle ne s'improvise pas. C'est pourquoi les cours de kizomba sont en vogue actuellement. Il y a une semaine j'ai pris un cours de kizomba avec Cyméone au Dupont Café. Rencontre avec un pro du kizomba :
Sur la photo : Cyméone avec sa partenaire Carole
OD :Cyméone, depuis quand danses-tu la kizomba ? A quelle
occasion as-tu découvert cette danse ?
Cyméone : La 1ère fois que j'ai dansé la kizomba, c'était lors d'un voyage en
Angola il y a 5 ans, je suis tout de suite tombé amoureux de cette danse
qui n'était pas encore connu en France.
OD :La kizomba est une danse plutôt lente et sensuelle d'origine
angolaise. Pour moi, non-initié, les figures ressemblent à un mélange
entre zouk et tango, la fille est inclinée vers le devant et s'appuie
sur son parteniare. Est-ce que je me trompe ?Cyméone :Oui c'est ça, on appele la kizomba le "tango africain", c'est un mélange de zouk et de semba. La fille se laisse légèrement tomber sur son partenaire de manière à ce qu'il puisse la guider avec beaucoup de légèreté.
OD :Le kizomba est très en vogue actuellement à Paris ; en dehors des
soirées salsa qui l'intègrent il y a déjà des véritables soirées
kizomba. Crois-tu que cette mode va durer ?Cyméone : Oui, effectivement, je pense que ça va durer ; la kizomba est plus qu'une mode, c'est une culture que les différents professeurs veulent faire partager. C'est une danse qui pour moi est complète entre la sensualité, la technique et la complicité qui se dégage entre les partenaires.
OD :Où trouves-tu des nouvelles figures ? En observant d'autres danseurs
sur la piste ou sur YouTube, ou est-ce que tu les inventes ?Cyméone : Je regarde beaucoup de vidéo oui, j'aime voir les differents styles,
je reprends des pas de grands danseurs comme KWENDA LIMA par exemple, et
j'en invente aussi tout en restant dans la kizomba. Beaucoup de monde
font l'erreur de mélanger kizomba et salsa, ce qu'il ne faut pas faire.
Comme je l'ai dit, la kizomba est plus qu'une mode, c'est une culture
qu'il ne faut surtout pas dénaturer avec des pas de salsa ou autre.
OD :Y a-t-il un CD de musique kizomba que tu peux nous conseiller en
particulier ?Cyméone : Moi, j'aime beaucoup Neuza, Nelson Freitas et Denis Graça.
OD :Où et quand est-ce que tu donnes des cours ?
Cyméone : Je donne les cours tous les lundi et jeudi de 21h à 21h45 à Vitry sur Seine, au Physical center 62 boulevard de Stalingrad. Sinon en alternance avec un autre professeur de kizomba au Dupont Café à la Bibliothèque François Mitterand, là où on s'est rencontré. Certains organisateurs font appel à moi pour donner des cours dans differents endroits. OD :Est ce que tu as un site internet ou autre pour qu'on puisse te
joindre et avoir des renseignements sur les endroits où tu donnes tes
cours?
Cyméone : Le site est on constructin, sinon mon facebook, c'est CYMEONE CRIMINEL KIZOMBA. Je mets dessus tout les évènements dans lesquels je donnerai mes cours, et sur le groupe "kizomba events" aussi sur facebook et l'agenda de www.dansemania.fr bien sûr !
Lorsque je visitais la Havane, évidemment je suis allé à la Casa de la
Musica pour un concert salsa de Pupi y los que son son. Mais j'avais la chance d'avoir comme guide touristique Kenia, une amie cubaine de Paris, qui sait que j'aime aussi la musique classique ; grâce à ses connections locales elle a pu m'amener dans une répétition de l'Orquesta Sinfónica Nacional de Cuba. Ils ont joué l'ouverture des Noces de Figaro de Mozart. Voici la photo que j'ai prise à cette occasion:
Comme l'instrumentation de cette pièce ne fait pas appel aux trombones, les trois trombonistes se sont retrouvés dans la rue pour répéter quelques riffs de salsa ; en effet, de nombreux musiciens de l'orchestre jouent dans des groupes de salsa pour arrondir leurs fins de mois. L'époque glorieuse de l'Orquesta Sinfonica Nacional de Cuba se situe dans le passé, avant la chute de l'Union Soviétique quand un grand nombre de musiciens russes intégrait l'orchestre. Aujourd'hui le budget ne permet plus d'inviter autant des chefs
prestigieux qu'avant et de payer les musiciens comme il faudrait...
J'aime beaucoup quand des musiciens sont aussi à l'aise dans la musique classique que dans d'autres styles comme la salsa, le jazz, etc. Les styles évoluent et les interprètes se mondialisent. Les cultures musicales se mélangent sur tous les continents. Quand j'écoute un orchestre symphonique africain ou de l'amérique latine jouer mon Mozart ou mon Mahler, une musique dans laquelle j'ai baigné depuis mon enfance, c'est parfois très intéressant car j'entends des choses nouvelles auxquelles je n'avais pas fait attention auparavant. Parfois c'est très bon et parfois moins, mais en tout cas c'est refraïchissant et fait refléchir sur ces habitudes et traditions qu'on appelle culture. (Je ne sais pas ce que pensent des cubains quand ils viennent en Europe et écoutent ici des groupes de salsa ou voyent des danseurs européens pratiquer la rumba — peut-être ça leur fait le même effet.)
Déjà dans les années 1950 la musique des caraïbes a commencé à influencer la musique symphonique, et les orchestres se sont enrichis de percussions exotiques. Par exemple, le compositeur Leonard Bernstein introduisait des cloches (mango), guiro, bongos et timbales dans le Mambo de sa comédia musicale West Side Story (1957). Voir l'extrait de la partition ci-contre. Son ami et orchestrateur Sid Ramin s'inquietait si les musiciens de musique symphonique et d'orientation classique seraient en mesure de jouer ces éléments latino et jazz avec le groove necessaire... Mais Bernstein savait que ça fonctionnerait et il avait raison. Ci-dessous la viédo d'une interprétation superbe de ce Mambo par des musiciens qui ont grandi dans les deux camps, la musique classique et les rythmes latinos : Gustavo Dudamel et l'Orchestre des jeunes du Venezuela ! Cette formation a pour but d'initier les enfants les plus jeunes (dès l'âge de 2
ans) et les plus démunis à la pratique de la musique classique. Et le résultat est au rendez-vous, c'est le moins qu'on puisse dire !
Ceux qui aiment ce métissage de cultures peuvent cliquer ici pour une deuxième vidéo avec les mêmes musiciens qui interprètent le Danzón n°2 de Arturo Marquez, une œuvre symphonique inspirée par une danse typiquement cubaine.
Chers danseurs et danseuses, notre agenda est fait pour vous. Fini les
nombreux emails qui encombrent votre boîte aux lettres, ici tous les
événements et soirées à Paris et banlieue sont centralisés et
consultables sur un seul site !
Organisateurs, DJ, professeurs de danse, annoncez gratuitement vos
soirées ou stages ! Il suffit de cliquer ici.
Derniers commentaires